Contexte général
Le feu fait partie du cycle de reproduction naturelle de plusieurs forêts : il
revitalise la croissance en ouvrant les graines et en libérant les nutriments
du sol. Mais les feux peuvent aussi se propager rapidement et menacer les
habitations et la vie sauvage, décimer les réserves en bois, et endommager
temporairement des aires de conservation. Les gestionnaires des forêts ont besoin d'information pour tenter de contrôler les feux et pour évaluer le rétablissement de la forêt
après un feu.
Pourquoi la télédétection?
La télédétection peut être utilisée pour la détection et la surveillance des
feux de forêts et la repousse après un feu. Comme outil de surveillance, le
survol de routine facilite l'observation des régions éloignées et inaccessibles
en alertant les agences de surveillance de la présence et de l'importance
d'un feu. Les données thermiques du capteur AVHRR de la NOAA et les données
météorologiques de GOES peuvent être utilisées pour localiser les feux
actifs et les points chauds qui s'ensuivent lorsque les capteurs optiques sont
gênés par la fumée, la brume et la noirceur. La comparaison entre les
régions brûlées et les feux actifs fournit l'information sur la vitesse et la
direction du feu. Les données de télédétection peuvent aussi faciliter la
planification des routes pour l'accès ou l'évacuation d'une zone menacée par le feu, la
planification du support logistique pour combattre le feu et pour identifier
les zones qui ont peine à récupérer après un feu.
Quelques années après un feu, une mise à jour de la santé et de la régénération d'une région peut être faite au moyen d'une seule image. Des scènes multitemporelles peuvent illustrer la progression de la végétation, du début de la repousse jusqu'au stade de forêt mature.
Exigences des données
Alors que les données thermiques sont idéales pour la détection et la
cartographie des feux actifs, les données multispectrales (optique et proche-infrarouge) sont préférées pour l'observation des stades de croissance et la
phénologie dans les zones déjà brûlées. L'âge relatif et la surface des zones
brûlées peuvent être définis et délimités et la santé de la végétation
en recroissance peut être suivie et évaluée. Une couverture spatiale
modérée, une résolution spatiale élevée à moyenne et une fréquence d'imagerie
élevée sont nécessaires pour la cartographie des zones
brûlées. Alors que la détection et la surveillance des feux requièrent une
grande couverture spatiale, une résolution moyenne et une fréquence de
prises de données élevée sont nécessaires pour assurer un délai de réponse court.
Le Canada et les autres pays
Les exigences pour la cartographie des zones brûlées sont les mêmes, à
l'exception des régions où les nuages empêchent l'utilisation des capteurs
optiques. Dans ce cas, le radar peut être utilisé pour la surveillance des
zones brûlées et il est efficace à partir de la deuxième année après un feu.
Étude de cas :
des zones brûlées des Territoires du Nord-Ouest
Dans la partie ouest des Territoires du Nord-Ouest, le long du fleuve
Mackenzie, les forêts boréales couvrent une grande partie du territoire. Les
autochtones dépendent de la forêt pour la chasse. Le sol
sensible et le pergélisol du nord sont protégés de l'érosion par la couverture
forestière. Au début des années 1990, un immense feu a dévasté la région
juste à l'est du fleuve Mackenzie et a menacé la ville de Fort
Norman, une ville autochtone au sud de Norman Wells.
Les régions brûlées et les régions encore en feu sont les zones sombres (A) sur cette image NOAA. Le lac dans le coin supérieur droit est le Grand Lac de l'Ours, et celui dans le coin inférieur droit est le Grand Lac des Esclaves. La distance représentée par la ligne jaune est d'environ 580 km. Le fleuve Mackenzie peut être vu à gauche de ces deux lacs. Fort Norman (B) est localisé à l'intersection du fleuve Mackenzie et de la rivière du Grand Ours. À ce point, le feu ravageait les deux rives du fleuve. Norman Wells (C) est une région productrice de pétrole; des silos d'entreposage, des plates-formes de forage, des habitations et le seul aéroport commercial dans cette partie du pays étaient en péril. Les feux de cette région sont difficiles d'accès en raison du manque de route. Les routes d'hiver donnent un accès saisonnier aux véhicules dans cette partie du Canada. La population très limitée de cette région est incapable de faire face à un feu de cette ampleur.
La brume et la fumée réfléchissent une quantité importante d'énergie dans les courtes longueurs d'onde et apparaissent bleues sur cette image.
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